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Le tri magique : classer comme une IA

On a sorti des objets au hasard et Romane a créé ses propres catégories : « les petits trucs », « pour construire ». Puis elle a fait deux piles avec un critère secret que je n'ai pas trouvé. Meryl, lui, a classé selon ce qu'il aimait, ce qu'il aimait bien, et ce qu'il n'aimait pas trop.

Le tri magique : classer comme une IA
Date9 mai 2026
Âge cible3-7 ans
Durée40 minutes
MatérielObjets du quotidien trouvés dans la maison, Feuilles de papier, Stylo ou marqueur, Un tapis ou un espace au sol

Romane avait écrit "Les petits trucs" sur une feuille.

À côté, une autre : "Pour construire".

Sur le tapis rose, on avait posé une boîte de mouchoirs, un cintre bleu, une ceinture, des clés, un faux téléphone, une pelle rouge, un marteau en plastique et un tas d'objets qui n'avaient rien demandé à personne. Meryl voulait surtout récupérer son téléphone.

Romane en train de trier des objets sur le tapis rose, avec ses feuilles de catégories

Le tapis rose, les objets, les catégories. « Les petits trucs » à gauche.

Ce que l'IA fait vraiment

Quand une IA reconnaît quelque chose (une photo de chat, un email indésirable, un objet), elle cherche des points communs et range dans des catégories. Ça s'appelle la classification.

Mais le vrai sujet, c'est le critère. Parce que le même objet peut changer de groupe selon ce qu'on regarde. Une clé peut aller dans "les petits trucs", dans "les objets en métal", dans "ce qui ouvre quelque chose", ou dans "les trucs qu'il ne faut pas laisser à Meryl". Tout dépend de la règle qu'on choisit.

Une IA ne voit pas tout. Elle regarde ce qu'on lui a appris à regarder.

L'activité

On rassemble des objets du quotidien, pas besoin que ce soit cohérent. On pose des feuilles au sol pour faire les catégories, et on laisse les enfants inventer les étiquettes.

Le plus intéressant : demander à l'un d'eux de faire deux piles avec un critère secret. Les autres essaient de deviner la règle. Ce n'est pas aussi facile que ça en a l'air.

Ce qui s'est vraiment passé

Romane a vite compris que le tri dépendait du critère. Elle rangeait selon une idée : les petits trucs ensemble, les objets pour construire ensemble. Elle organisait.

Puis elle a fait deux piles en silence.

J'ai regardé. J'ai proposé une règle. Je me suis trompé.

Elle m'a expliqué : dans une armoire, pas dans une armoire.

J'étais adulte. J'avais les objets sous les yeux. Je n'avais pas la règle. Donc je ne comprenais pas.

Meryl suivait une autre logique. Enfin, logique est peut-être un grand mot.

Romane l'a regardé et a dit : "Il fait n'importe quoi."

Ce qui était vrai. Ou pas complètement.

Parce que Meryl a fini par faire trois piles : ce qu'il n'aime pas trop, ce qu'il aime, et ce qu'il aime bien.

Je n'ai pas bien compris la différence entre les deux dernières. Romane non plus. Mais pour Meryl, visiblement, ce n'était pas pareil.

À cet âge, le cerveau construit ses catégories du monde pour de vrai, pas comme exercice. Ses trois piles n'étaient pas du n'importe quoi. Elles étaient sa façon à lui de mettre de l'ordre dans quelque chose d'important.

Pour finir

Un classement peut être très clair pour celui qui le fait, et complètement opaque pour celui qui regarde.

Si on entraînait une IA avec les critères de Romane, elle chercherait peut-être ce qui va dans une armoire. Avec les critères de Meryl, elle apprendrait peut-être autre chose.

Ce que j'aime. Ce que j'aime bien. Ce que je n'aime pas trop.

Et là, même l'IA aurait peut-être besoin d'un peu d'aide.

Ce qu'en ont dit les enfants

Romane a inventé le critère « dans une armoire / pas dans une armoire » et j'ai eu du mal à trouver. Meryl a fait trois piles dont deux dont je n'ai pas compris la différence. Pour lui, c'était clair.