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Le jeu des ratés : se tromper pour apprendre

Assise, Romane n'arrivait à rien toucher. Puis elle en a posé deux, puis trois, en changeant sa façon de lancer. Chaque objet, une pièce, une perle, une figurine, demandait un réglage différent. C'est exactement comme ça qu'une IA apprend : elle rate, elle ajuste, objet après objet.

Le jeu des ratés : se tromper pour apprendre
Date31 mai 2026
Âge cible6-10 ans
Durée25 minutes
MatérielUne cible dessinée sur une feuille (cercles concentriques), Des petits objets de poids et de formes différentes : une pièce, une perle, une figurine, un bâtonnet, Un bac pour ranger les objets à lancer

Romane est assise devant sa cible. Les premiers lancers ne touchent rien. Pas un seul.

Elle ne bouge pas de position, mais elle change sa manière de lancer. Au bout de plusieurs essais, un objet touche enfin la cible. Puis un deuxième. Puis un troisième.

Elle essaie debout, pour voir. Ça ne marche plus du tout. Elle se rassoit.

La cible dessinée sur une feuille à carreaux, à côté d'un bac avec les objets à lancer : pièce, perle, figurines, bâtonnet

La cible et les objets du jour. Aucun ne pèse ni ne vole pareil.

Comment une IA apprend à ne plus se tromper

Une IA n'apprend pas comme on étudie une leçon. Elle apprend en ratant, en se faisant corriger, et en ajustant.

Au départ, elle ne sait rien. Si on lui demande de reconnaître un chat sur une photo, elle répond au hasard. Puis on lui dit si elle a eu raison ou tort. Elle ajuste légèrement sa façon de regarder les images. On recommence. Elle rate encore. On la corrige encore. Elle ajuste encore.

Ça s'appelle la rétropropagation. L'idée derrière : chaque erreur dit quelque chose sur comment s'améliorer. Rater n'est pas le problème. C'est le moteur.

Ce qui change tout, c'est le nombre d'essais, et la stabilité des conditions. Un enfant qui change de position à chaque lancer repart presque de zéro. Une IA à qui on change les règles en cours d'entraînement a le même problème : elle n'ajuste bien que si ce qu'elle corrige reste comparable d'un essai à l'autre.

L'activité

On dessine une cible sur une feuille : des cercles concentriques, un point au centre. On la pose au sol.

On rassemble plusieurs petits objets très différents les uns des autres : une pièce, une perle, une figurine, un bâtonnet. Pas le même poids, pas la même forme.

On lance un objet à la fois, depuis la même distance, et on regarde où il atterrit avant de lancer le suivant. On observe, on ajuste, on recommence.

On essaie assis, puis debout, et on regarde si ça change quelque chose. On essaie aussi de changer d'objet en cours de route, et on regarde si l'ajustement qui marchait avec le premier marche encore avec le deuxième.

À un moment, on pose la question : "Qu'est-ce que tu changes à chaque fois ? Comment tu sais quoi changer ?"

Ce qui s'est vraiment passé

Assise, Romane n'a rien touché pendant plusieurs lancers. Puis elle a changé sa façon de lancer, et elle a réussi à en poser deux, puis trois d'affilée.

Elle a voulu essayer debout. Ça n'a plus marché du tout, comme si tout ce qu'elle avait réglé en position assise ne comptait plus. Elle est retournée s'asseoir sans que j'aie besoin de le suggérer.

Chaque objet lui demandait un ajustement différent. La pièce, légère et plate, ne se lançait pas comme la figurine, plus lourde et plus encombrante. Elle devait relancer plus fort pour l'une, plus doucement pour l'autre.

Ce qu'elle maîtrisait de mieux en mieux, c'était la trajectoire en l'air. Ce qu'elle ne pouvait toujours pas prévoir, c'était ce qui se passait au moment où l'objet touchait le sol. Un rebond, un roulé, un mouvement qu'elle n'avait pas vu venir, et l'objet finissait ailleurs que prévu.

Elle maîtrisait le vol. Pas l'atterrissage.

Ce qu'en ont dit les enfants

Romane a commencé assise, sans rien toucher au début. Elle a fini par en poser deux, puis trois, en changeant sa manière de lancer. Debout, ça ne marchait plus, elle est revenue s'asseoir. Chaque objet demandait un lancer différent, plus fort ou plus doux selon le poids et la forme. Ce qu'elle n'arrivait pas à prévoir, c'était ce qui se passait une fois l'objet au sol.